RÉSUMÉ: LE CANADA EN HAÏTI: CONSIDÉRATION DE l’APPROCHE 3-D
La deuxième intervention internationale de la décennie est en cours de route en Haïti. Les défis sont imposants : les questions de sécurité sont toujours problématiques; l'économie est en ruine, soutenue principalement par des envois de fonds de l'étranger; le refus d'obéir à la loi et une grande présence de trafiqueurs de drogue font en sorte que l'émergence d'anciens militaires et d'individus paramilitaires est particulièrement inquiétante; la toile sociale du pays, ainsi que son infrastructure humanitaire et complémentaire au développement sont étirées à la limite.
Le Canada est impliqué en Haïti depuis longtemps. En raison de plusieurs vagues successives d'immigration au Canada, de langue, culture, et géographie semblable, et d'une histoire commune, le Canada appuie depuis longtemps, à travers nombre d'engagements internationaux, le développement démocratique et durable sur l'île. Évidemment, la direction du développement et de la démocratie en Haïti doit être laissée aux Haïtiens, mais le gouvernement canadien, les groupes de la société civile, et la diaspora ont offert leur appui. Lors de l'année 2005, le gouvernement canadien reformula sa perception de la place du Canada dans le monde. Au printemps dernier, le gouvernement émit le rapport
Énoncé de politique internationale du Canada - Fierté et influence : notre rôle dans le monde . Dans ce rapport, le gouvernement préconisa que les relations internationales canadiennes se voient guidées par une approche « 3-D ». Cette approche chercherait à marier les activités canadiennes dans les domaines de la diplomatie, de la défense, et du développement, de sorte à donner une coordination complète aux engagements canadiens dans les lieux troublés. Bien sûr, ce rapport identifia particulièrement les engagements canadiens en Haïti comme étant prioritaires, surtout en ce qui a trait à l'appui donné pour le renforcement des capacités policières.
Mais avant de prendre part à une autre initiative de reconstruction étatique, il est important de se pencher de nouveau sur le passé, ainsi que de calmement déterminer le chemin futur à suivre. Comment seront modifiés les buts, la nature, et la forme des interventions canadiennes? L'approche « 3-D » apporte-t-elle véritablement quelque chose de nouveau? Comment l'approche « 3-D » devra-t-elle être ajusté pour proprement fonctionner en Haïti?
Cet atelier d'un jour se penchera sur ces questions à l'aide de trois panels.
Le premier panel discutera des nombreux défis qui portent atteintes à la stabilité en Haïti. Les évènements politiques et économiques, ainsi que le rôle des acteurs internationaux, seront eux aussi examinés. Les panélistes examineront les obstacles historiques et courants à la démocratisation et au développement en Haïti, de même que le rôle des Etats-Unis, le joueur le plus important en Haïti.
Le deuxième panel portera sur le travail du Canada dans les domaines de la diplomatie, la défense, et le développement en Haïti. Les panélistes tenteront de déterminer si Haïti représente un exemple unique de coordination opérationnelle ou de coordination inter-organisationnelle. Quel rôle devraient prendre les forces armées par rapport aux autres « 2-D » en Haïti? Par exemple, les forces armées devraient-elles appuyer des dirigeant différents dans les quartiers haïtien pour tenter de réduire l'influence des chefs de gang? Si les forces armées participent à la distribution d'aide pour le développement, contribuent-elles à renforcer l'influence de ces individus? Les praticiens dans le domaine du développement se réfèrent souvent à Haïti comme étant un pays sur le modèle des « partenariats difficiles ». Quelles leçons l'ACDI a-t-elle tirées de ses expériences précédentes en Haïti? Comment a-t-elle ensuite reformulé son approche?
Le troisième panel traitera des contributions de la diaspora et de la société civile canadienne (les ONG dans les domaines du développement et du droit de la personne) à l'édification de la démocratie et du développement durable. La diaspora a été reconnue comme élément important d'expertise en développement; ainsi, il est important de connaître les défis liés à l'engagement de la diaspora en Haïti. À quelles difficultés ont fait face, jusqu'à présent, les ONG canadiennes qui ont tenté de répondre aux appels des plus vulnérables? Les ONG ont-elles profité ou souffert du fait de leurs interactions avec les forces du maintient de la paix? Du côté des droits de la personne, quels sont les facteurs qui empêchent la mise en place d'un climat propice aux droits de la personne en Haïti? Comment ces facteurs pourraient-ils être adressés, ou même redressés?
Des universitaires, fonctionnaires du gouvernement, ONG, représentants des églises, ainsi que des Canadiens intéressés examineront ces questions à l'occasion de cet atelier commandité par le Centre for Foreign Policy and Federalism de l'Université de Waterloo (CFPF), le Laurier Centre for Military Strategic and Disarmament Studies (LCMSDS), le Conseil universitaire sur le système des Nations Unies (ACUNS), et le Centre pour l'innovation dans la gouvernance internationale (CIGI). Les panélistes présenteront en français et en anglais, et de l'interprétation simultanée sera fournie.